Réponse de Chrysalide à l'enquête publique lancée d'avril à mai 2009 sur le rapport de la HAS concernant la prise en charge médicale des personnes trans

Ceci est la réponse que Chrysalide a rédigé pour l'enquête publique. Cependant, celle-ci ne prévoit que 500 caractères par réponse. Nous avons donc répondu dans une version malheureusement moins détaillée. Nous avons cependant souhaité indiquer sur cette page les réponses complètes.
La synthèse du rapport est lisible ici.


Pouvez-vous résumer votre intérêt sur le sujet et vos motivations à participer à cette consultation ?

Notre association assure des permanences d’accueil de personnes trans. Nous avons donc une solide expérience de terrain, qu’il s’agisse de personnes en questionnement personnel, suivies dans une équipe protocolaire, ou bien effectuant un parcours avec des médecins libéraux. Nous sommes très attachés à la défense des personnes trans et luttons contre les discriminations dont elles sont victimes. Nous avons depuis longtemps en particulier des revendications précises sur la prise en charge par le corps médical des personnes trans. Notre point de vue émane donc d’une expérience de terrain social.

Appréciation globale sur l'ensemble du rapport

Quels commentaires généraux auriez-vous à faire sur ce rapport pris dans son ensemble ?

Les échantillons de personnes, aussi bien dans le corps médical que chez les trans ne sont en aucun cas représentatifs de la variété et de la complexité des situations. Il est admis d’emblée dans le rapport que les personnes trans souffrent d’un trouble de l’identité de genre et doivent être diagnostiquées par des psychiatres. A aucun moment il n’est envisagé que la transidentité soit constitutive d’un développement individuel non pathologique, et que chaque individu est apte à définir lui-même son identité de genre. Le point de vue des associations est très peu développé, alors qu’il aurait été très important d’éclairer les différents chapitres de l’expérience de terrain dont elles bénéficient. Les données sont systématiquement présentées du point de vue des médecins, et jamais du point de vue des personnes trans, qui sont pourtant les premières concernées. Par conséquent, de nombreuses conclusions sont aberrantes au regard de la réalité de ce que vivent les personnes. Le rapport est très éloigné des besoins réels des personnes trans, et cherche surtout à trouver des solutions pour déresponsabiliser les médecins, quitte à exclure de très nombreuses personnes transsexuelles. Les conclusions de ce rapport, si elles étaient appliquées, conduiraient inévitablement à l’exclusion de très nombreuses personnes par le corps médical. Ces personnes seraient alors contraintes à l’auto-médication et aux risques sanitaires associés, ou au suicide. La HAS n’a pas pris en compte cet écueil dramatique, pourtant réel.

Quelle est votre appréciation générale de ce rapport ?

1 (tout à fait défavorable)

Partie - Conclusions, propositions et perspectives

Proposition d'une structure d'offres de soins (p143 à p147)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Les propositions faites ne tiennent aucunement compte du point de vue des trans. Les dangers d'une telle solution, pourtant importants, ne sont pas abordés, notamment ceux présentés par les associations.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Généraliser la pratique actuelle consistant à passer par son médecin généraliste ou un endocrinologue pour l’obtention des hormones. Ne pas recourir à la constitution d'équipes, mais simplement d'informer mieux les endocrinologues des traitements possibles et de leurs effets. Rendre possible le remboursement des opérations effectuées hors Union Européenne étant donnés les résultats médiocres des chirurgiens français.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

La proposition va à l'encontre de l'article R4127-6 du code de santé publique, qui garantit à toute personne le libre choix de ses médecins. De plus, les pratiques actuelles de ces équipes sont dénoncées depuis de nombreuses années par les personnes trans et les associations, en particulier sur l’aspect « humain » de la prise en charge médicale, qui n’est pas abordée dans le rapport.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Proposition d'un parcours de soins (p147 à p153)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Rien n'est dit sur les personnes qui seront rejetées par les équipes. Or, étant données les critères absurdes et non fiables utilisés par les médecins pour déterminer si une personnes est transsexuelle, il est clair que de nombreuses personnes se retrouveront livrées à elle-même, et condamnées à l'auto-médication et à l'exclusion sociale.
Aucune analyse critique n'est faite dans cette partie sur les raisons pour lesquelles des personnes regrettent leur transition. Pourtant, lorsque des personnes émettent des regrets, c'est en raison des douleurs atroces qui font suite à une chirurgie de piètre qualité, à cause du résultat esthétique qui est extrêmement loin de ce qui se fait dans d'autres pays, ou encore tout simplement parce que ces personnes savent que si elles souhaitent pouvoir changer leurs papiers, et donc être insérées socialement, elles sont obligées de passer par la chirurgie, même si ce n'est pas leur souhait initial. D’ailleurs, l’exemple d’une personne qui s’est suicidée suite à des opérations de piètre qualité est cité dans le rapport, mais n’est pas repris dans cette partie.

Seule la déresponsabilisation des médecins est prise en compte. Jamais le bien être des personnes trans, qui n'est vu qu'à travers le prisme déformant des préjugés moraux des médecins. Les personnes trans sont en revanche en permanence infantilisées.
Enfin, aucune réflexion n'est menée sur l'intérêt du diagnostic: le « transsexualisme » est vu de manière systématique comme une anomalie, jamais comme une identité à part entière. La manière d'aborder le sujet est donc biaisée et comparable à la manière dont les psychiatres considéraient les homosexuels dans les années 70, c'est à dire comme des personnes souffrant de "trouble de l'orientation sexuelle".

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Chacun est le mieux placé pour savoir s’il s'identifie comme un homme ou comme une femme, et doit pouvoir disposer librement de son corps. La phase de diagnostic n'a d'intérêt que pour déresponsabiliser le corps médical, et en aucun cas pour venir en aide aux personnes trans, à qui ces lourdeurs ne font qu’ajouter une souffrance inutile et malvenue. Par conséquent, en lieu et place des solutions retenues, il est nécessaire de mieux informer l'ensemble du corps médical sur les traitements hormonaux et chirurgicaux, et de faciliter l'obtention d'hormones sans suivi psychiatrique obligatoire.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

De nombreuses personnes transsexuelles se verront rejetées par les critères aberrants des médecins, et se retrouveront sans aucun recours possible. Parmi ces critères, on citera les « tests de vocabulaires », les tests de Rorschah, mais aussi les pratiques actuelles consistant à exiger que la personne n’ait pas d’enfant, soit hétérosexuelle dans le genre revendiqué, que les femmes ne portent pas de pantalon et se maquillent etc. Les personnes trans ainsi rejetées n'auront d'autre choix que d'acheter des hormones sur internet, avec tous les risques sanitaires que cela comporte. De plus, elles auront beaucoup de difficultés à s'insérer socialement, puisque non intégrées au circuit qui sera ainsi mis en place.
Le test de vie réel est une totale aberration: en demandant ainsi à des personnes non hormonées de devoir assumer une vie sociale de femme, le corps médical les expose aux insultes et aux violences physiques, y compris au viol et au meurtre. En exigeant d'elles qu'elles fassent leur coming-out auprès de leur famille et de leur employeur à ce stade, on risque qu'elles se fassent rejeter et licencier. Elles seront alors poussées vers l’exercice d’une prostitution non choisie afin de survivre. La réalité de terrain nous montre que l’information de l’entourage doit se faire au rythme de chaque personne, et qu'il est au contraire souvent salutaire de n'informer l'employeur ou certains proches qu'une fois le traitement hormonal largement avancé.
Ces conclusions sont irresponsables, prises sans tenir compte de l'avis des associations, et auront pour conséquences une morbidité, un taux d'exclusion et un taux de suicide qui seront dramatiquement importants.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Questions sur le rapport

Introduction (p11 à p18)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Il aurait fallu prendre en compte les situations des transsexuels mineurs et des intersexes.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Prise en compte des trans mineurs et des intersexes. Véritable prise en compte de l'avis du tissu associatif.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

L'avis des associations n'a été recueilli qu'au cours d'une réunion au début de l'étude, le 27 septembre 2004. Une seconde réunion à eu lieu le 29 août 2008 pour leur présenter les conclusions. Il n'y a donc pas eu de véritable travail commun ni d'échange.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

5

Partie - Contexte

Données épidémiologiques (p18 à p21)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

8

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Aucune analyse critique n'est faite sur la diversité des résultats obtenus, ni sur les critères retenus pour compter les personnes trans.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

La disparité des résultats tend à montrer le manque de fiabilité de ces chiffres. La prévalence réelle est bien supérieure, selon d’autres sources. Là encore, notre expérience de terrain en tant qu'association nous indique une fréquence bien plus élevée de personnes au regard du nombre de personnes qui nous contactent en fonction du nombre total d'habitants.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

L'analyse n'est pas assez poussée, et aucunement critique sur les chiffres relevés.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

2

Hypothèses étiologiques (p21 à p24)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Là encore, aucun regard critique. A aucun moment la possibilité que la transidentité constitue un développement non-pathologique d'un individu n'est envisagée. Il n'est pas précisé que les mêmes hypothèses, aussi bien psycho-familiales que biologiques sont avancées pour expliquer l'homosexualité des individus. Il s'agit pourtant d'un point important, qui montre bien le non-fondement de ces hypothèses.
Les points de vue de philosophes, de sociologues et d'anthropologues ne sont pas retenus. Pourtant, les écrits ne manquent pas et les réponses sont très différentes de celles avancées dans le rapport.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Ces données sont fallacieuses et non objectives. La moindre des choses serait de mener des expériences en double-aveugle et d'avoir une analyse critique du poids d'autres facteurs. Cependant, la question même de vouloir trouver une explication à la transidentité met en évidence une idéologie refusant de la considérer tout simplement comme un développement non-pathologique d'un individu.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Nous ne sommes pas d'accord avec les analyses présentées, qui ne présentent pas l'intégralité des recherches faites sur le sujet, mais uniquement celles qui vont dans le sens d'une pathologisation.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Transsexualisme et société (p24 à p37)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

7

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Rien n’est dit sur la transphobie, c'est-à-dire les discriminations liées à l’identité de genre, dont souffrent les personnes transsexuelles. Rien sur la transparentalité. Les trans apparaissent uniquement en tant qu’objet d’étude, jamais en tant qu’acteur de leurs propres vies : un seul paragraphe sur le mouvement transgenre, rien sur le tissu associatif, les revendications des trans, les nombreux ouvrages écrits par des personnes trans etc.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Une fois de plus, les données présentées ne reflètent pas l’ensemble des données existantes en réalité. Dès lors, il n’est pas possible d’apporter des conclusions.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Les thèmes abordés sont incomplets. La manière dont les trans se définissent, les revendications, le désir d’enfants, les discriminations dont elles sont victimes, bref, tout ce que les personnes trans souhaitent ou dénoncent sont étonnement absentes même dans ce chapitre. Là non plus, aucune réflexion n’est menée sur la mainmise actuelle du corps psychiatrique sur les personnes trans.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

3

Aspects juridiques actuels en France et en Europe (p37 à p66)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Le paragraphe sur les discriminations sur le lieu de travail est incomplet. Il ne prend pas en compte les cas de figures que rencontrent de nombreuses personnes, comme par exemple le port obligatoire d’une tenue liées au sexe de la personne lorsque la personne n’a pas changé d’Etat Civil. Dans ce genre de cas, la discrimination liée au sexe ne tient pas, précisément parce que la loi considère qu’un employeur peut avoir ce genre de demande sans qu’elle soit vue légalement comme du sexisme.
Dans la partie abordant les expertises, rien n’est dit sur leur déroulement ni sur la manière dont les personnes les vivent. Or, depuis de nombreuses années, les associations dénoncent ces pratiques : beaucoup de femmes trans vivent comme un viol le fait qu’un « expert » vérifie la profondeur de leur vagin, de nombreux hommes trans trouvent humiliants de devoir se déshabiller entièrement pour que l’ « expert » constate que le candidat ne s’épile pas, preuve qu’il est bien un homme. Encore une fois, rien de ce qui est dénoncé par le tissu associatif n’est retenu. La HAS se questionne sur la pertinence de ces expertises, mais sans même citer la réponse de M. le garde des sceaux à une question écrite posée le 30 décembre 2004, dans laquelle la nécessité des expertises est tempérée.

Le rapport liste les pratiques européennes sans avoir de regard critique : le rapport se contente de les énumérer et de reprendre le tronc commun, sans réfléchir à la pertinence de certaines exigences actuelles. En particulier, il est indiqué que « la dysphorie de genre doit être reconnue par une équipe d’experts et être irréversible ». Le changement d’Etat Civil est donc présenté comme quelque chose d’irrémédiable. Pourtant, rappelons par exemple qu’en France, lorsqu’une personne se marie, on ne la fait pas passer par des « experts » s’assurant que jamais elle ne changera d’avis. Au contraire, le divorce est une démarche existante dans notre pays. On voit donc que l’importance de s’assurer de l’irréversibilité de la décision de la personne pour effectuer un changement d’état-civil n’est donc fondée encore une fois que sur des préjugés moraux.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Il faudrait approfondir les questions de discriminations, et parler de l’importance de reconnaître la transphobie dans la loi. Il faut stopper les expertises et faciliter les démarches de changement d’état-civil. Il faut trouver une solution légale pour que le remboursement du traitement hormonal ne rencontre pas autant de contraintes administratives.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Le rapport ne présente pas le point de vue des personnes qui vivent ces problèmes légaux. Le rapport ne fait que présenter les solutions actuelles, sans se demander si les solutions préconisées seront adaptées à la réalité, ce qui, en l’occurrence, n’est bien évidement pas le cas.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

2

Prise en charge financière par l'Assurance maladie (p66 à p73)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

7

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

L’importance du remboursement pour les personnes trans n’est pas abordé. Le caractère parfois très urgent de certaines opérations et leur prix élevés entraîne l’exclusion sociale de nombreuses personnes qui doivent ainsi s’endetter pour en bénéficier. D’autres ne peuvent pas même se permettre de le faire et sombrent dans la dépression. Le remboursement des traitements hormonaux et chirurgicaux relève donc de la solidarité nationale de l’assurance maladie, ainsi que le stipule l’article 22 de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Au vu des données et des possibilités juridiques, il semble important de faciliter la prise en charge des opérations effectuées hors Union Européenne. De plus, la codification en CCAM permet de rembourser plus aisément certaines interventions. On constate sur le terrain que de nombreux chirurgiens refusent de demander le remboursement, il conviendra donc de les informer sur la possibilité de le faire.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Cette partie met bien en évidence les innombrables problèmes que rencontrent les personnes à se faire rembourser certains soins dont elles peuvent pourtant bénéficier légalement. Elle met également en évidence l’absurdité qui fait que le traitement hormonal, pourtant à la base de la prescription des personnes trans, peut souvent ne pas être remboursées.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

7

Opinion de professionnels de santé et de transsexuels sur la situation actuelle (p73 à p85)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Le point de vue des médecins est loin d’être exhaustif : nous rencontrons de nombreux médecins qui ont une vision beaucoup moins pathologisante de la transidentité, et qui s’accordent à penser que c’est à la personne de disposer librement de son corps. Le médecin est alors là pour accompagner la personne en ajustant le traitement qu’elle prend à ses analyses sanguines pour éviter toute complication pour sa santé. Ce point de vue des médecins est absent du rapport.
L’échantillon des personnes trans n’est pas représentatif : seules des femmes trans ayant été admises dans des équipes protocolaires sont entendues : aucun homme, aucune personne rejetée par ces protocole, aucune personne effectuant un suivi avec des médecins libéraux n’est présente dans l’échantillon.
La place accordée au point de vue des associations est minime, et est loin d’exprimer l’intégralité des demandes. On s’étonnera par exemple que dans la partie « étape diagnostique », le point de vue de certaines associations considérant que c’est à la personne trans seule de s’auto-définir, et non à un psychiatre de poser un diagnostic, n’est pas présent.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Le point de vue des différents acteurs de manière rigoureuse et objective n’est pas repris dans cette partie, dans la mesure où les échantillons ne sont pas représentatifs de la diversité existante, tant chez les médecins que chez les trans, il n’est donc pas possible de tirer des conclusions de cette partie.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Les échantillons de médecins et de personnes trans ne sont pas représentatifs de la diversité des points de vue existants, les revendications des personnes trans sont résumées dans une partie qui n’est absolument pas développée. Cette partie ne représente les opinions que de certains professionnels de la santé et de personnes trans, mais certainement pas des différentes opinions existantes.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Etape diagnostique (p85 à p94)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Les pourcentages de fiabilité des tests ne sont pas indiqués. Aucun chiffre n’est donné sur le nombre de personnes rejetées par les équipes actuelles car ne correspondant pas aux critères de diagnostic. Pourtant, la plupart de ces personnes réussissent par la suite à démarrer une transition par d’autres moyens, et arrivent ainsi à mener une vie heureuse. En tant qu’association, nous sommes régulièrement contactés par des personnes qui ont été ainsi rejetées, et ne pouvons que constater la non fiabilité de ces critères de diagnostic.
Rien n’est proposé sur la prise en charge des personnes rejetées par les critères de filtrage. L’importance de la parole des personnes n’est pas prise en compte.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

L’échantillon des psychiatres ne recouvre pas toutes les pratiques. N’oublions pas que certains médecins généralistes et endocrinologues jugent qu’il n’y a pas lieu de diagnostiquer l’identité de genre d’un individu. Ici, les données présentées veulent faire penser au lecteur qu’il y a nécessité de diagnostiquer, ce qui est faux. On constate d’ailleurs les incohérences des méthodes utilisées entre les différents praticiens.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Aucun crédit n’est apporté dans cette partie à la conviction des personnes trans. Seul le diagnostic des psychiatres est présenté comme valide. Pourtant, la réalité est tout autre. Il est encore une fois dommage que le présent rapport ne prenne en compte que la vision du corps médical, et n’envisage pas une seule seconde qu’un individu sait mieux que quiconque qui il est. Y a t’il vraiment besoin du diagnostic d’un psychiatre pour savoir si une personne se ressent homme ou femme ? Non, bien évidemment.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Expérience en vie réelle (p94 à p97)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Les dangers de ce test ne sont présentés que de manière très légère. Pourtant, ils sont considérables. Une fois de plus dans ce rapport, la réalité de ce que vivent les personnes et l’expérience des associations ne sont pas prises en compte.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Les seules données présentées sont les pratiques de quelques psychiatres. Rien n’est justifié, et les pratiques sont très différentes. On ne peut que constater l’absence totale de méthodologie scientifique. On remarque également l’absence criante de point de vue humain et de regard critique sur l’intérêt réel de telles exigences.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Le test de vie réelle, et en particulier tel qu’il est présenté ici, ne tient aucunement compte de la réalité. Les conséquences d’un tel test sont considérables sur la vie sociale d’une personne, qui risque ainsi de se retrouver exclue de sa famille, mise à l’écart dans son milieu professionnel, et insultée ou battue dans la rue. La transition sociale de quelqu’un se fait à son rythme, et certaines situations nécessitent d’avoir déjà été hormonées depuis longtemps avant d’en parler. C’est à chaque personne de choisir quand et comment parler de sa situation à son entourage. Il est déjà assez dur de passer par ces étapes, il est inutile et malsain de vouloir ajouter une telle pression aux personnes souhaitant obtenir des hormones. C’est tout simplement irresponsable et dangereux.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

1 (tout à fait défavorable)

Hormonothérapie (p97 à p123)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

La pertinence de l’utilisation presque systématique de certains produits à risques n’est pas abordée. On pense en particulier à l’acétate de cyprotérone, produit interdit dans des pays, comme les Etats-Unis, et qui peut provoquer de graves dépressions et une dégénérescence du foie, en particulier avec un usage prolongé. Là encore, les problèmes dénoncés par les associations ne sont pas présentés. Le désir de certaines femmes trans de souhaiter conserver une activité sexuelle avec leur pénis n’est pas pris en compte. Aucune piste de réflexion n’est lancée sur les problèmes divers rencontrés par les personnes trans du fait de leur traitement et sur leurs solutions potentielles, comme les très fortes douleurs à l’utérus des hommes trans prenant de la testostérone.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Au lieu de créer des équipes pluridisciplinaires, il suffirait de mieux former les endocrinologues. Encore une fois, l’évalutaion par un psychiatre est inutile. Ajoutons d’ailleurs qu’une personne trans qui aura été rejetée par les critères arbitraires des psychiatres cherchera de toute manière à prendre un traitement hormonal. Il est donc important qu’elle puisse alors être suivie médicalement et pas qu’elle soit condamnée à prendre en auto-médication un traitement commandé sur internet. De plus, il est indiqué que les médecins souffrent d’une stigmatisation lorsqu’ils s’occupent des transsexuels : mieux vaut donc pour eux ne pas spécialiser des équipes restreintes, mais au contraire diffuser le plus possible ces informations au sein des médecins afin de banaliser la prise en charge des personnes trans.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Il aurait fallu interroger des personnes trans sur les traitements qu’elles prennent, et sur les effets secondaires constatés. De nombreux médecins nient en effet les relations entre certains médicaments et des symptômes constatés, pourtant fréquemment relevés par les associations. Les conclusions tirées sont étonnantes : au lieu de conclure à la nécessité de mieux former les endocrinologues sur les besoin des transsexuels, ou tout simplement de leur fournir les informations nécessaire, le rapport conclue qu’il faut au contraire réserver cette information à des équipes spécialisées, ce qui est absurde et contre-productif, y compris pour les médecins qui déclarent justement souffrir actuellement d’être mal vus par leurs confrères lorsqu’ils s’occupent trop souvent de personnes trans. Cette restriction empêchera au contraire à des médecins de s’intéresser aux traitements existants et de faire avancer la médecine française.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

6

Chirurgie de réassignation (p123 à p138)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

Certaines techniques de pointe pratiquées en dehors de la France ne sont pas présentées, comme la technique opératoire de la vaginoplastie utilisée en Thaïlande depuis 2006. Pourtant ces techniques donnent de bien meilleurs résultats esthétiques et fonctionnels que les techniques françaises.
Aucune comparaison qualitative n’est faite entre les chirurgies françaises et celles effectuées à l’étranger. De même, les problèmes sanitaires faisant suites aux opérations françaises ne sont pas présentés.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Dans la mesure où il est bien précisé que certaines interventions comme l’hystérectomie sont identiques dans le cas d’une personne trans et non-trans, il aurait fallu conclure au besoin de mieux informer les chirurgiens gynécologues sur le possibilité qu’ils ont de faire eux-même cette intervention, sans nécessité de passer par une équipe protocolaire. C’est actuellement possible, mais certains pensent à tort que les techniques sont différentes et n’osent pas faire cette intervention.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Alors que les associations dénoncent depuis des années la piètre qualité des interventions faites en France, le rapport ne s’intéresse aucunement à creuser cette question pourtant centrale. Il ne présente pas même certaines techniques utilisées à l’étranger, et passe sous silence le fait que toutes les techniques présentées ne sont pas pratiquées en France, comme la métaoidioplastie. On ne peut donc qu’être surpris devant l’absence de volonté de mieux évaluer la qualité de la chirurgie française, et de faciliter les interventions effectuées à l’étranger afin de garantir d’excellents résultats pour les personnes.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

4

Accompagnement psychologique (p138 à p143)

Sur la forme, estimez-vous que cette partie est lisible ?

9 (très lisible)

Avez-vous identifié des points insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ?

L’importance du suivi psychologique pour surmonter les situations de violence et de discrimination n’est pas abordée. L’inclusion du tissu associatif à ce stade n’est pas non plus proposée.

Quelles autres réflexions/conclusions proposeriez-vous compte-tenu des données ?

Il faudrait proposer aux personnes trans et à leur entourage le possibilité de dialoguer avec d’autres personnes dans la même situation qu’elles, en particulier grâce au tissu associatif. Nous constatons que cela permet en effet à de nombreuses personnes de mieux gérer certaines situations difficiles.

Quelles sont vos réactions générales sur cette partie ?

Le soutien psychologique des personnes trans est une bonne chose, car les difficultés quotidiennes qu’elles rencontrent sont nombreuses, à cause des problèmes de discordances entre leur apparence et leurs papiers et des discriminations dont elles sont victimes. Toutefois, cet accompagnement ne doit en aucun cas être obligatoire, et doit être fait par des personnes qui respectent les personnes transgenres, et non pas qui les considèrent comme souffrant d’un trouble, faute de quoi il ne peut y avoir de relation de confiance.

Quelle est votre appréciation globale de cette partie ?

7

Profil d'appartenance

Profil d'appartenance :
Association de transsexuels